Les bassins aghlabides

La pénurie endémique en eau qui sévissait dans la région sfaxienne, à cause de sa situation dans une zone semi-aride et de la salinité de la nappe phréatique, a poussé les édiles, dès la fondation de leur ville au IXe siècle sous le règne des Aghlabides, à doter Sfax, à l’instar de Kairouan la capitale de l’époque, d’installations hydrauliques d’envergure pour l’alimenter en eau potable : ce sont les bassins aghlabides.

Les bassins aghlabides

La pénurie endémique en eau qui sévissait dans la région sfaxienne, à cause de sa situation dans une zone semi-aride et de la salinité de la nappe phréatique, a poussé les édiles, dès la fondation de leur ville au IXe siècle sous le règne des Aghlabides, à doter Sfax, à l’instar de Kairouan la capitale de l’époque, d’installations hydrauliques d’envergure pour l’alimenter en eau potable : ce sont les bassins aghlabides. Deux ensembles constituent aujourd’hui des sites archéologiques urbains aménagés. Le premier, baptisé fesqiyet borj el-qsar, est situé aux pieds du donjon de l’enceinte du côté nord-ouest. Déjà signalés par des cartes datant de 1881, année de l’installation du protectorat français, sous le nom de Aïn El-Fendri, ces bassins furent à une époque imprécise totalement remblayés et donc évacués de la mémoire collective. En1996, à la faveur de travaux de restauration des remparts, cet ensemble fut redécouvert et mis en valeur en tant que site archéologique urbain. Le second, appelé aussi fesqiyet Ach-Chaari, se situe bien plus en amont, dans l’ancienne zone des cimetières, non loin de la mosquée Sidi Lakhmi, et se trouve aujourd’hui intégré au parc vert de Sfax al- Jadida, le Nouveau Sfax qui occupe désormais ce vaste espace. Ces monuments hydrauliques sont formés de trois organes. Un premier bassin circulaire de collecte et de décantation de 8m pour le premier ensemble et de 8.70 m pour le second, est relié par un canal de jonction (sarh avec un h aspiré) à un second plus grand de 40 m de diamètre à fesqiyet borj el-qsar et de 20 m à fesqiyet ech-chaari, de même forme, en guise de réservoir, communiquant par une baie avec la citerne voûtée de puisage. Celle de fesqiyet borj el-qasr est en partie enfouie sous le donjon appelé borj el-qsar ; ce qui suppose qu’elle serait antérieure à ce dernier ou que le tracé de celui-ci aurait été remanié, ou bien qu’on pouvait puiser l’eau de l’extérieur comme de l’intérieur des remparts. Renforcés par des contreforts internes, les murs sont en maçonnerie de moellons liés par un mortier de chaux et de tuileaux, assurant leur étanchéité. Les bassins ou fesqiya dans le langage vernaculaire, sont alimentés par les eaux pluviales canalisées, tel que rapporte la mémoire collective, par oued el Qanater et oued Gremda, tous deux situés en amont de la ville. Selon les historiens, il semble que la désaffection de ce type d’installations hydrauliques est due conjointement à la remontée de la nappe phréatique, aux eaux saumâtres et à l’édification, au début du XIIIe siècle, des 365 réservoirs à impluvium de la nâsiriya, sous l’ordre du calife almohade Muhammad Al-Nasir.

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